S. Maxime le Confesseur sur la contribution des animaux à la croissance spirituelle de l'homme

Dans ses Questions à Thalassios, en commentant un passage du deuxième livre des Chroniques (ch. 32, v. 23), saint Maxime le Confesseur propose une réflexion sur la manière dont les animaux, par leur exemple, peuvent inspirer la croissance spirituelle de l'homme. Ce sont les "dons" de la Nature à l'humanité:


L'homme reçoit comme des dons les lois naturelles des êtres vivants, qu'il imite par ses comportements. Je l'exprime ainsi: par imitation, l'intellect capable de discernement reçoit pour dons la loi naturelle du ciel. <...> En imitant la loi naturelle du Soleil, il reçoit comme un don l'intelligence qui lui permet de faire s'accorder comme il faut avec sagesse tous les événements qui surviennent, sans rien abandonner de l'identité illuminatrice qui est la sienne en vertu et en connaissance.


Il reçoit aussi le regard de l'aigle, directement tendu vers l'éclat divin de la lumière immortelle, sans que sa pupille intelligible soit en rien agressée par ce rayon éblouissant.


Il imite aussi la biche, lorsqu'il parcourt comme des montagnes les hauteurs des contemplations divines, détruisant par le discernement les passions tapies comme des venins dans la nature des êtres et éteignant par les nombreuses et diverses sources de la connaissance le poisons du mal installé dans sa mémoire.


Il imite aussi l'acuité de vue de l'antilope et l'assurance de l'oiseau, lorsqu'il franchit d'un bond comme l'antilope les filets des démons qui combattent sa vertu et vole comme l'oiseau au-dessus des pièges des esprits qui s'attaquent à sa connaissance.


Selon certains, les os du lion, lorsqu'ils s'entrechoquent, lancent du feu. L'intellect gnostique et ami de Dieu imite la nature du lion lorsque, par sa recherche de la vérité, il fait s'entrechoquer entre elles, comme des os, les pensées pieuses et allume le feu de la connaissance.


"Il devient rusé comme le serpent et candide comme la colombe", en ne cessant pas de veiller sur la foi infrangible comme sur sa propre tête et en déposant comme la colombe toute amertume de son coeur, comme s'il ne savait pas garder rancune à ceux qui l'accablent et s'empressent de le calomnier.


Il reçoit aussi de la tourterelle comme un don l'imitation de sa prudence, en transformant en oeuvres de vouloir tout ce qui s'attache par nécessité aux natures.


Ainsi donc, à proportion du logos de chacun et du comportement de sa nature, l'intellect pleinement philosophe, en accédant par la connaissance à la genèse des êtres, accueille, en tant que gnostique, les logoi spirituels des êtres vivants comme des offrandes présentées à Dieu par la création, et, en tant que pratique, reçoit en dons, lorsqu'il les imite par ses comportements, les lois naturelles des êtres; et il révèle en lui-même par sa vie toute la magnificence de la sagesse divine invisiblement présente dans les êtres. 


En prolongeant cette réflexion de saint Maxime, j'ajouterai que les chiens peuvent enseigner à l'homme la fidélité; les ânes, l'humilité et les chevaux, la liberté que ni la captivité ni la soumission ne peuvent supprimer.


Vous avez d'autres idées pour prolonger cette liste? N'hésitez pas à les noter en commentaire!


 

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