Le cheval est un monde

Mis à jour : mai 6

Voici la magnifique conclusion du livre de Laurence Bougault La liberté du centaure (Transboréal, 2010):



Fazon le Caucasien

Le cheval n'est pas un animal. C'est un monde. C'est un palais. On y entre par une toute petite porte. À l'entrée, il y a un jardin doux et tiède, un peu sauvage, puis viennent des corridors balayés par les vents de nos peurs, mais plus on avance, plus les allées revêtent de luxe et de sensualité. Tout au bout sont des sofas ornés de brocarts précieux où peu d'entre nous auront le loisir de s'enfoncer. Si vous pénétrez derrière le miroir des grands yeux de votre cheval, vous verrez aussi des batailles, des hordes sauvages, des joutes médiévales, des charges de cavalerie, la faim, la mort... Si vous approchez de ses flancs, vous sentirez l'arôme des litières, l'odeur des sous-bois, vous percevrez le fracas des sabots qui font trembler la terre.


Pour qui fait le choix de vivre avec son cheval, le voyage n'a pas de fin. À travers l'espace, à travers le temps ou dans l'immobilité d'un manège, il se poursuit sans cesse, horizontal et vertical, intérieur et extérieur. Le cheval fait de nous des Scythes, c'est-à-dire des individus pour qui être et parcourir s'équivalent dans la notion de quête sans fin. Cette quête a son lieu propre: le pli d'intimité entre l'homme et le cheval, un lieu qui s'étire du point où je suis jusqu'aux confins de la Terre.


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